Afin de vous informer davantage sur le foie gras, nous avons lancé une série sur sa production en Europe, de l’arrivée des canetons dans les fermes au produit final. Cette série traitera uniquement du foie gras de canard, qui constitue la majorité du foie gras produit en Europe. Il est cependant important de noter l’existence du foie gras d’oie qui représente 7% de la production totale de foie gras du vieux continent. Le foie gras d’oie est principalement produit en Hongrie, où il a obtenu la distinction « Hungaricum ». Dans cet article, nous abordons la deuxième étape du processus de production : l’élevage des canards en plein air.

Nous vous avions décrit en novembre la première étape d’élevage des canetons, qui grandissent en premier lieu dans un bâtiment chauffé ce qui leur permet de s’emplumer suffisamment pour sortir en plein air.

Par après, l’animal est alors suffisamment robuste pour passer en parcours extérieur libre. Le plein air est une caractéristique fondamentale de l’élevage des palmipèdes à foie gras. Au total, les animaux passent 90% de leur vie en extérieur. Les canards peuvent se mouvoir librement parmi leurs pairs dans un environnement naturel et sain. Ils sont nourris d’aliments à 75% composés de céréales, sous forme de granulés ou farine.

Valérie van Wynsberghe, exploitante de la Ferme de la Sauvenière, exploitation familiale et artisanale belge, expliquait au micro de CanalZ* que le bien-être des canards est une priorité pour les éleveurs : « Si on veut avoir des produits de qualité, l’animal doit être élevé dans de bonnes conditions, au sein d’un environnement agréable et sain. C’est ce qu’on fait le plus possible. Nous avons planté des arbres fruitiers pour qu’ils aient de l’ombre en été, les prairies sont ressemées à chaque printemps afin qu’ils soient sur des parcours herbeux et non pas dans de la boue… ».

Afin de préparer les animaux à la phase suivante, celle de l’alimentation assistée, une période de transition permet d’habituer l’animal à se nourrir par repas, développant ainsi son aptitude à l’engraissement. Le canard, alors âgé d’environ 10 semaines (en fonction de l’espèce), sera transporté dans un logement collectif intérieur pour la phase d’engraissement. Cette troisième partie de notre série sera développée fin de cette année.

*https://canalz.levif.be/news/le-journal-09-10-20/video-normal-1343051.html?cookie_check=1649836066 (à partir de 6’30)

Photo: © CIFOG

Le 16 février 2022, la Commission européenne a ouvert une consultation sur l’application des normes sanitaires et environnementales de l’Union aux produits agricoles et agroalimentaires importés. Voici l’opinion d’Euro Foie Gras sur la question:

L’Union européenne (UE) est le premier producteur mondial de foie gras avec 90% de la production mondiale. Une définition des produits crus (foie gars, magret) est reprise dans le règlement 543/20081 sur les normes de commercialisation pour la viande de volaille, qui devraient même être complétées par une norme sur les produits transformés pour protéger le consommateur de pratiques frauduleuses. Cependant, la concurrence d’autres pays comme la Chine, où les normes ne sont pas aussi élevées que dans l’UE, pourrait s’accroître dans les prochaines décennies.

Ainsi, nous estimons qu’il est essentiel de garantir que les importations de produits en provenance de pays tiers respectent les standards européens. Dans le cas contraire, cela porterait atteinte à la compétitivité du secteur agricole européen qui ferait alors face à la concurrence déloyale des pays hors UE. Nous demandons ainsi que des conditions identiques soient imposées aux importations.

Le foie gras est un produit gastronomique traditionnel, dont la production est étroitement liée à l’identité gastronomique des cinq pays producteurs européens– Belgique, Bulgarie, Espagne, Hongrie, France – et contribue au rayonnement culinaire européen dans le monde.

La production européenne de foie gras respecte toutes les exigences règlementaires en termes de santé et de bien-être animal, dont la directive européenne 98/58/CE concernant la protection des animaux dans les élevages, et va même au-delà de ces exigences réglementaires. En effet, de manière proactive, les cinq pays producteurs européens de foie gras ont adopté en 2011 la Charte européenne pour la production de palmipèdes gras. Cette Charte édicte les engagements de la filière en se basant sur les 12 principes retenus dans le « Welfare Quality Project » de la Commission européenne. Le secteur développe aussi des indicateurs communs de bien-être animal.

L’élevage de palmipèdes gras (canards et oies) est extensif, très souvent familial, et majoritairement de plein air. Avec 90% de la vie de l’animal passée en parcours extérieurs, les palmipèdes gras ne sont placés dans des logements collectifs que pendant la phase d’engraissement et durant une période limitée de 9 à 15 jours selon les espèces.  

Dans les cinq pays producteurs européens – Belgique, Bulgarie, Espagne, Hongrie, France – les éleveurs de palmipèdes gras sont soumis à des exigences règlementaires et des contrôles stricts en termes de santé et de bien-être animal, dont la directive européenne 98/58/CE concernant la protection des animaux dans les élevages.  

Euro Foie Gras a toujours œuvré et continuera à œuvrer pour que les palmipèdes gras soient élevés de manière optimale en assurant pleinement leur bien-être tout en répondant à des exigences liées aux aspects sanitaires et en offrant des conditions de travail satisfaisantes aux éleveurs.   

Pour en savoir plus sur la production européenne de foie gras, vous pouvez consulter notre note de position ou regarder cette vidéo.

Euro Foie gras et le Copa-Cogeca saluent le vote positif du Parlement européen concernant le rapport d’exécution de M. Jérémy Decerle relatif au bien-être des animaux sur les exploitations. Les députés du Parlement européen reconnaissent que « la production de foie gras repose sur des procédures d’élevage respectueuses des critères de bien-être animal » et rejettent l’appel visant à interdire l’alimentation assistée des canards et des oies.

La nuit dernière, une majorité de députés européens ont rejeté deux amendements visant à interdire l’alimentation assistée pour la production de foie gras. Le texte adopté stipule que « la phase d’engraissement, qui dure entre 10 et 12 jours en moyenne à raison de deux repas par jour, respecte les paramètres biologiques des animaux ». Par ailleurs, il reconnait que la production de foie gras est une forme extensive de production, qui se déroule en plein air et essentiellement dans des exploitations familiales. Les palmipèdes gras passent 90 % de leur vie en plein air, où ils peuvent grandir librement entourés de leurs congénères. Ce rapport alimentera le processus de révision de la Commission de la législation européenne sur le bien-être animal.

M. Christophe Barrailh, Président d’Euro Foie Gras, a déclaré : « Nous nous félicitons du soutien exprimé par le Parlement envers notre secteur. Nos efforts constants pour maintenir nos spécificités ainsi que des normes élevées en matière de bien-être animal ont été reconnus. »

La production de foie gras respecte, en effet, toutes les normes européennes en matière de bien-être animal et va même au-delà en appliquant la charte du secteur adoptée en 2013 et en développant des indicateurs en matière de bien-être animal.

Il est également important de noter que, selon les connaissances actuelles et les techniques disponibles, et contrairement aux allégations faites pour certains produits, il est impossible de produire du foie gras sans avoir recours à l’alimentation assistée.

L’organisation Euro Foie gras et le Copa-Cogeca ont toujours œuvré et continueront à veiller à ce que les palmipèdes gras soient élevés dans des conditions optimales en garantissant pleinement leur bien-être, tout en répondant aux exigences sanitaires et en offrant des conditions de travail satisfaisantes aux éleveurs.


Co-signé par : Euro Foie Gras (Fédération européenne du foie gras) et Copa-Cogeca (Agriculteurs et coopératives agricoles d’Europe).

On vous en parlait en octobre, de célèbres chefs issus de quatre pays européens producteurs de foie gras sont partis à la rencontre d’exploitants pour en apprendre davantage sur ce mets gastronomique européen. Voici quelques nouvelles de leurs road trips, riches en émotions et découvertes :  

Les Chefs français Pierre Chomet et Matthias Marc, ex-candidats Top Chef 2021, ont fait connaissance avec Florian Boucherie, producteur de Foie Gras en Dordogne. A la ferme de la Guarrigue Haute, tout est fait sur place, de l’élevage à la transformation des produits.  

Après un Challenge culinaire sur le thème du foie gras, les deux Chefs finissent leur road trip dans la jolie boutique de David Pélégris, artisan conserveur en plein centre de Sarlat. Découvrez leur visite en images

En Belgique, un duo de Chefs, le wallon Julien Lapraille et le flamand Tom Vermeiren, se sont rendus dans la ferme traditionnelle de Louis Legrand près de Tournai. Durant la visite, l’exploitant leur explique que l’engraissement des canards est la reproduction d’un phénomène naturel. En effet, le palmipède est un oiseau migrateur, qui peut avaler de grandes quantités de nourriture grâce à son absence de glotte et à son oesophage non cartilagineux. Ces aliments seront alors stockés sous forme d’énergie au niveau de leur foie.  

Plus au Sud, ce sont les Chefs Ketty Fresneda et Leandro Gil qui visitent une exploitation espagnole. Après avoir pu observer les canetons hébergés en intérieur pour les protéger du froid, ils ont  découvert le beau parcours extérieur, là où les canards grandissent en liberté, dans le plus grand respect du bien-être animal. 

A l’Est de l’Europe, et plus précisément en Hongrie, Wossala Rozina, Chef et propriétaire de son propre restaurant a pu rencontrer une exploitante d’une ferme d’oies. La Hongrie est le plus grand pays producteur de foie gras d’oie au monde, avec 1132 tonnes produites en 2020. La Chef partage ensuite en vidéo une délicieuse recette, à tester rapidement ! 

Retrouvez également de savoureuses recettes confectionnées par les Chefs, ainsi que de nombreuses informations sur le foie gras sur www. rencontres-foiegras.fr.  

Cette campagne est financée avec l’aide de l’Union européenne via son programme de promotion “Partageons le patrimoine gastronomique européen”. 

Plusieurs maires écologistes de grandes villes françaises (Lyon, Strasbourg, Grenoble, Besançon…) ont décidé de retirer le foie gras de leurs évènements officiels, buffets et réceptions. Certaines de ces décisions avaient déjà été prises auparavant, mais ont été récemment mises en lumière par l’association animaliste PETA.  

Afin de dénoncer ce boycott et démontrer le soutien du monde gastronomique, notre membre français le CIFOG (Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras) a publié un manifeste « de soutien à la filière française du foie gras », signé entre autres par Euro-Toques, l’Académie culinaire de France, l’Association des Toques françaises, les Meilleurs ouvriers de France, le Groupement National des Indépendants ou encore l’Association française des maîtres restaurateurs. Via ce manifeste, les 16 associations signataires s’engagent à : 

«– mettre à l’honneur le foie gras, source inépuisable d’inspiration culinaire, à l’occasion des fêtes puis tout au long de l’année ; 

– écrire aux maires concernés pour leur proposer de reconsidérer leur décision ; 

– constater la qualité des modes de production du foie gras en France en permettant à un ou plusieurs de leurs membres de visiter un élevage, un atelier de gavage, ou de transformation ; 

– et apporter leur soutien à la filière du foie gras français. » 

Par ailleurs, de nombreux élus français ont également critiqué cette décision. Dans le Périgord par exemple, 56 élus ont signé un manifeste, soulignant que « L’opportunisme politique de quelques-uns ne doit pas mettre en danger l’ensemble d’une filière d’excellence surtout à une période si décisive pour ce secteur ». 

Le foie gras est un mets d’exception, symbole de la gastronomie française. L’Hexagone en est le premier producteur mondial, et le premier consommateur. Au total, le secteur représente plus de 100.000 emplois directs et indirects, contribuant à la vie dans les zones rurales. 

De plus, c’est un mets hautement plébiscité par la population. Selon la dernière étude du CSA (novembre 2021), 91% des Français déclarent consommer du foie gras. Trois français sur quatre ont d’ailleurs déclaré avoir déjà décidé d’en déguster lors des fêtes de fin d’année. 

Euro Foie Gras salue les initiatives en faveur du foie gras et remercie tous ceux qui contribuent à la défense de ce savoir-faire ancestral. 

Afin de vous informer davantage sur le foie gras, nous lançons une série sur sa production en Europe, de l’arrivée des canetons dans les fermes au produit final. Cette série traitera uniquement du foie gras de canard, qui constitue la majorité du foie gras produit en Europe. Il est cependant important de noter l’existence du foie gras d’oie qui représente 7% de la production totale de foie gras du vieux continent. Le foie gras d’oie est principalement produit en Hongrie, où il a obtenu la distinction « Hungaricum ». Dans cet article, nous abordons la première étape du processus de production : la réception et l’élevage des canetons.

La production de foie gras requiert un long travail minutieux avant de parvenir à nos assiettes. Ce travail est effectué par des éleveurs passionnés, qui transmettent cette tradition de génération en génération. L’élevage de canards pour la production de foie gras est un processus qui dure entre 10 à 15 semaines selon l’espèce. Les animaux grandissent dans des fermes la plupart du temps artisanales et familiales, dans le plus grand respect du bien-être animal.

Après la naissance des canetons dans des couvoirs, ils sont réceptionnés à l’âge d’un jour à la ferme. Ils sont accueillis dans un bâtiment chauffé à 30 degrés afin de favoriser leur développement et leur laisser le temps de s’emplumer avant de pouvoir sortir à l’extérieur. Les éleveurs assurent une surveillance quotidienne des animaux, et cela dès les premiers jours.

Lors de cette phase, leur régime est composé à 75% de céréales, sous forme de miettes puis de granulés. De l’eau est disponible à volonté, avec des dispositifs qui s’adaptent à la taille des animaux en fonction de leur croissance (mini drinks, puis pipettes…).

Les canetons circulent à leur guise parmi leurs congénères. En fonction des conditions climatiques, et lorsque les animaux sont suffisamment emplumés, ils ont accès à un parcours extérieur.

Dans la deuxième partie de cette série, qui paraîtra en mai 2022, nous aborderons la phase d’élevage des canards en plein air.

Le Conseil d’Administration (CA) d’Euro Foie Gras était ravi de se réunir ce 28 octobre pour la première fois en physique à Bruxelles depuis le début de la pandémie. Les membres espagnols, hongrois, belges et français ont pu se mettre autour de la table pour discuter de plusieurs thématiques importantes pour le secteur.

Le CA a tout d’abord dressé le tableau économique du secteur du foie gras. Les ventes reprennent progressivement grâce à la réouverture des restaurants, la relance des évènements et la reprise de l’export. Le secteur a cependant noté une augmentation importante des coûts de production.

Par ailleurs, les représentants d’Euro Foie Gras se sont félicités du lancement du programme européen de promotion et de son site internet « Rencontres – Sur la Route du foie gras ». De célèbres Chefs, comme Pierre Chomet et Matthias Marc en France, ou encore Julien Lapraille et Tom Vermeiren en Belgique, ambassadeurs de la gastronomie de terroir, sillonnent leur pays à la rencontre des producteurs de foie gras. Un objectif : faire connaître ce mets délicieux et son processus de production aux Européens.

La question des normes de commercialisation était à nouveau sur la table du Conseil, puisque celles-ci devraient être révisées dans le courant de l’année prochaine avec la publication de la proposition législative de la part de la Commission européenne. Euro Foie Gras a répondu à la consultation publique de la Commission européenne cet été en rappelant sa position : garder la définition du foie gras cru, et ajouter une définition pour le foie gras transformé. Il s’agit de la seule façon de s’assurer de la qualité du foie gras et de protéger efficacement le consommateur.

Enfin, la Fédération a poursuivi une réflexion commune sur le bien-être animal dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie européenne « De la ferme à la table ». Offrir des conditions de vie de qualité à ses animaux à toutes les étapes de l’élevage est une préoccupation quotidienne pour tout éleveur de palmipèdes gras. Dès lors, Euro Foie Gras continuera à être force de proposition sur le sujet du bien-être animal en contribuant aux discussions relatives à la révision de la législation européenne.

Hier, le Parlement européen a procédé à un vote sur son rapport d’initiative relatif à la stratégie « De la ferme à la table ». Les acteurs de la chaîne alimentaire reconnaissent le signal envoyé par ce vote, mais regrettent le contexte dans lequel il s’inscrit. Tous les aspects ont, en effet, été
abordés sauf les moyens et solutions réellement à disposition pour répondre aux nombreuses lacunes que cette stratégie comporte.

Tous les acteurs de la chaîne alimentaire soutiennent les principaux objectifs définis dans la stratégie « De la ferme à la table ». Nous savons que des changements sont nécessaires et nous demeurons déterminés à jouer notre rôle dans cette transition vers un système alimentaire plus durable. D’ailleurs, nous déployons déjà des efforts majeurs en ce sens. Toutefois, ce qui nous fait cruellement défaut actuellement, ce sont de nouveaux outils et une feuille de route claire. L’échéance de 2030 se rapproche à grands pas et nous ne pouvons pas appliquer tous ces changements du jour au lendemain.

Dès lors, nous attendons des propositions concrètes de la part de la Commission européenne, notamment concernant les lacunes identifiées dans le débat en cours au sujet des effets des fuites de carbone, de l’autonomie stratégique ouverte ou des prix à la consommation. Ceci étant dit, nous nous félicitons également du signal clair envoyé par le Parlement européen, qui demande à la Commission européenne de préparer une analyse exhaustive sur les répercussions de cette stratégie. La fiche d’information présentée par la Commission au début de la semaine1
pourrait constituer un bon point de départ pour une telle analyse.

1 https://ec.europa.eu/info/news/green-deal-2030-targets-and-agricultural-production-studies-2021-oct-18_en


Agriculture and Progress – Plateforme européenne pour une production agricole durable Agri-Food Chain Coalition – Initiative conjointe de la chaîne agroalimentaire européenne AnimalHealthEurope – Fabricants européens de médicaments pour animaux AVEC – Association européenne des transformateurs et négociants de volaille
CEFS – Comité européen des fabricants de sucre CEJA – Conseil européen des jeunes agriculteurs CEMA – Association européenne des constructeurs de machines agricoles CEPM – Confédération européenne des producteurs de maïs CEVI – Confédération européenne des vignerons indépendants CIBE – Confédération internationale des betteraviers européens Clitravi – Centre de liaison des industries transformatrices de viande de l’UE COCERAL  –  Association  européenne  du  commerce  des  céréales,  des  oléagineux,  des légumineuses,  de  l’huile  d’olive,  des  huiles  et  des  graisses  ainsi  que  de  l’approvisionnement agricole Copa Cogeca – Agriculteurs et coopératives agricoles d’Europe CropLife Europe – Industrie européenne de la protection des cultures EBB – European Biodiesel Board EDA – Association européenne des produits laitiers EFFAB – Forum européen des éleveurs d’animaux de reproduction ELO – Organisation européenne des propriétaires fonciers European Livestock Voice – Plateforme européenne de la chaîne alimentaire de l’élevage (avec le soutien de Carni Sostenibili) Euro Foie Gras – Fédération européenne du foie gras Euroseeds – Association du secteur européen des semences ePURE- Industrie européenne de l’éthanol renouvelable Fediol – Association européenne de l’industrie des huiles végétales et des tourteaux d’oléagineux FEFAC – Fabricants européens d’aliments pour animaux Fertilizers Europe – Association européenne des fabricants d’engrais IBC – Confédération Internationale de la Boucherie et de la Charcuterie UECBV – Commerçants européens de bétail et de viande

Tous les acteurs de la chaîne alimentaire approuvent les grands principes proposés dans la stratégie « De la ferme à la table » et sont pleinement conscients des améliorations constantes et majeures nécessaires afin de garantir une approche plus durable pour nos systèmes alimentaires. Néanmoins, plusieurs études récemment publiées sur la stratégie « De la ferme à la table » indiquent que les objectifs actuels, s’ils sont mis en œuvre tels quels, auront un coût considérable pour les agriculteurs de l’UE et pour la viabilité de l’ensemble du secteur agroalimentaire européen.

L’heure des messages politiques sur la stratégie « De la ferme à la table » est terminée. Il est désormais temps d’analyser les données actuellement disponibles. Ces derniers mois, plusieurs rapports et études clés ont tenté d’évaluer et de mesurer les impacts des objectifs fixés par la Commission européenne lorsqu’elle a présenté les stratégies « De la ferme à la table » et en faveur de la biodiversité en mai 2020.

Des études menées par le ministère américain de l’Agriculture (USDA)[1], HFFA Research[2], le Centre commun de recherche de l’UE (CCR)[3], l’Université de Kiel[4] ainsi que l’Université et la recherche de Wageningen (WUR) concluent que plusieurs impacts, compromis et angles morts significatifs doivent être analysés de toute urgence par les responsables politiques de l’UE (et du reste du monde).

Par exemple :

  • L’étude du CCR prévoit que la diminution prévue de 40 à 60 % des émissions de GES de l’agriculture européenne résultant de la mise en œuvre des objectifs « De la ferme à la table » conduira à une délocalisation de la production agricole européenne, y compris ses émissions, vers des pays tiers.
  • L’étude de l’Université de Kiel prévoit que l’Europe pourrait devenir un importateur net de denrées alimentaires, ce qui est en contradiction directe avec l’autonomie stratégique ouverte promue par la Commission européenne pendant la crise du COVID.
  • L’étude de l’USDA conclut que les objectifs fixés dans la stratégie « De la ferme à la table » pourraient faire basculer 22 millions de personnes dans l’insécurité alimentaire.

Pourquoi l’Europe ne se penche-t-elle pas sur les données ?

Ces études, qui reposent sur des méthodologies différentes et ont différents points focaux et limites, se complètent entre elles. Toutes parviennent aux mêmes conclusions. La production agricole de l’UE diminuera, et ce de façon très marquée dans certains secteurs et pour certains produits. Pour ce qui est de l’impact cumulatif des objectifs, la dernière étude du WUR anticipe une baisse moyenne de la production entre 10 et 20 % [1], avec une baisse pouvant atteindre 30 % pour certaines cultures.

En ce qui concerne la production animale, l’étude de l’Université de Kiel indique une réduction de 20 % de la production de viande bovine et une réduction de 17 % de la production porcine en moyenne dans l’UE. Un autre document d’orientation du WUR (qui sera bientôt publié) confirme une diminution générale de la production de viande bovine et porcine et de produits laitiers, ce qui conduirait non seulement à une augmentation des prix pour les consommateurs de l’UE, mais également à des effets douteux sur les revenus des éleveurs.

Les données indiquent clairement les répercussions sur le commerce, sur les revenus des agriculteurs et, en fin de compte, sur les prix à la consommation. Changer le système alimentaire dans ces conditions sera plus difficile et imposer des taxes à la consommation, comme le propose le Parlement européen, pourrait rendre ce changement socialement injuste.

Tous les acteurs de la chaîne agroalimentaire sont conscients des défis environnementaux et climatiques auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui. Nous sommes tous déterminés à jouer notre rôle dans la lutte pour atténuer les effets négatifs du changement climatique. La production agricole européenne est l’une des productions les plus respectueuses de l’environnement et des ressources au monde. Néanmoins, les producteurs européens estiment qu’avec l’innovation et un soutien pertinent au cœur de la politique agricole de l’UE, les agriculteurs continueront à produire de manière encore plus durable. Nous reconnaissons les attentes de la société et des responsables politiques dans le domaine de la production alimentaire. Toutefois, un objectif politique dénué de base scientifique aura des effets délétères sur l’agriculture européenne. Nous devons élaborer des politiques axées sur les solutions, fondées sur les données disponibles, avec l’innovation comme pierre angulaire.

Pour commencer à parler de solutions, nous devons avoir une compréhension commune des défis auxquels nous sommes confrontés dans la mise en œuvre des objectifs « De la ferme à la table ». Cette compréhension commune devrait être fondée sur une analyse d’impact globale et cumulative menée par la Commission européenne. L’étude la plus récente de Wageningen, avec ses différents scénarios, montre clairement que l’évaluation des effets des objectifs de la stratégie « De la ferme à la table » pris séparément, comme la Commission semble désormais l’envisager, ne donnera qu’une image incomplète de la réalité cumulative à laquelle sont confrontés les agriculteurs et les acteurs agroalimentaires sur le terrain.

Nous souhaitons tout autant que la Commission mettre fin à ce débat concernant la nécessité de mener une analyse d’impact exhaustive. Nous appelons à mener une analyse exhaustive, car nous voulons comprendre où les problèmes sont susceptibles de se produire afin de pouvoir discuter des solutions envisageables.

Le modèle de production alimentaire européen, mené par la politique agricole commune, a été l’un des plus grands succès de l’Union européenne. Nous ne comprenons pas cette apparente tentative d’entraver nos progrès et de fermer les yeux sur nos succès, à un moment où nos partenaires commerciaux parlent déjà de combler les manques de production que laissera l’Europe.

En outre, si la production de l’UE diminue, comme tous les chercheurs qui ont évalué l’impact des propositions actuelles de la Commission s’y attendent clairement, alors les importations de matières premières et d’ingrédients de l’UE sont vouées à augmenter de manière significative, rendant ainsi l’UE dépendante des importations pour nourrir sa population. Cela génèrerait alors plusieurs risques politiques et de sécurité alimentaire pour les consommateurs européens.

Il est grand temps que la Commission européenne procède à une analyse d’impact globale. La date butoir pour la stratégie « De la ferme à la table » approche. Huit années, c’est peu à l’échelle du secteur agricole. Il est urgent de voir des propositions concrètes et une discussion plus approfondie sur les choix que nous faisons. Cette discussion doit toutefois reposer sur des données de meilleure qualité.

[1] Résumé des résultats, scénario 4 : réduction de l’utilisation de pesticides et de nutriments, 10 % des terres exclues

-FIN-

Agriculture and Progress – Plateforme européenne pour une production agricole durable Agri-Food Chain Coalition – Initiative conjointe de la chaîne agroalimentaire européenne AnimalHealthEurope – Fabricants européens de médicaments pour animaux

AVEC – Association européenne des transformateurs et négociants de volaille CEFS – Comité européen des fabricants de sucre

CEJA – Conseil européen des jeunes agriculteurs

CEMA – Association européenne des constructeurs de machines agricoles CEPM – Confédération européenne des producteurs de maïs

CEVI – Confédération européenne des vignerons indépendants CIBE – Confédération internationale des betteraviers européens

Clitravi – Centre de liaison des industries transformatrices de viande de l’UE COCERAL – Association européenne du commerce des céréales, des oléagineux, des

légumineuses, de l’huile d’olive, des huiles et des graisses ainsi que de l’approvisionnement agricole

Copa-Cogeca – Agriculteurs et coopératives agricoles d’Europe CropLife Europe – Industrie européenne de la protection des cultures EBB – European Biodiesel Board

EDA – Association européenne des produits laitiers

EFFAB – Forum européen des éleveurs d’animaux de reproduction ELO – Organisation européenne des propriétaires fonciers

European Livestock Voice – Plateforme européenne de la chaîne de l’élevage Euro Foie Gras – Fédération européenne du foie gras

Euroseeds – Association du secteur européen des semences ePURE- Industrie européenne de l’éthanol renouvelable UECBV – Commerçants européens de bétail et de viande FEFAC – Fabricants européens d’aliments pour animaux

FEFANA – Association européenne des producteurs et livreurs d’ingrédients et leurs mélanges en nutrition animale

Fertilizers Europe – Association européenne des fabricants d’engrais IBC – Confédération Internationale de la Boucherie et de la Charcuterie


[1]  https://www.fas.usda.gov/newsroom/economic-and-food-security-impacts-eu-farm-fork-strategy

[2] https://hffa-research.com/wp-content/uploads/2021/05/HFFA-Research-The-socio-economic-and-

environmental-values-of-plant-breeding-in-the-EU.pdf

[3] https://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/handle/JRC121368

[4] https://grain-club.de/fileadmin/user_upload/Dokumente/Farm_to_fork_Studie_Executive_Summary_EN.pdf

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